Une journée au parlement européen.

Au début du mois, CAP 21 m’a demandé d’accompagner la députée européenne Corinne Lepage toute une journée à Strasbourg, de la gare de l’Est au Meeting d’Europe Écologie. Ceux d’entre vous qui suivez mon blog depuis un petit moment êtes au courant que je sais volontiers m’intéresser à la politique. Ces dernières semaines, je suis plutôt porté sur les questions de santé, mais ce n’est jamais très loin (encore un sujet pour lequel il va falloir croiser les doigts très fort…).

En attendant de publier enfin un sujet complet dans la presse magazine, c’était l’occasion de me poser quelques questions de déontologie. Pouvais-je travailler directement pour un parti politique ? Je ne suis membre d’aucun parti. À vrai dire, j’ai vite réglé le problème : n’étant jamais en reportage sur ces questions, je n’étais à aucun moment en porte-à-faux vis à vis de mon travail de journaliste. Du reste, on ne m’a pas demandé de transformer la réalité, mais bien de suivre une personnalité politique dans l’exercice de ses fonctions, et c’est tout.

Aujourd’hui, il me semble impossible pour un jeune photographe de gagner sa vie uniquement grâce à la presse (je ne sais même pas si c’est encore le cas pour les “vieux” photographes…). Nonobstant, je ne prends pas mes incursions hors presse à la légère et évite soigneusement les demandes où l’on me demanderait de travestir la réalité. Et c’est un faux problème : il se trouve que je travaille presque toujours aussi librement en corporate que pour la presse.

Mon reportage à Strasbourg en constitue un bon exemple : si c’était un journal qui m’avait envoyé en commande, je n’aurais pas photographié autrement Corinne Lepage. Mais j’aurais peut-être moins entendu de bruits de couloirs…



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9 réponses à “Une journée au parlement européen.”

  1. Bretzelman dit :

    Tiens j’ai été confronté au même problème l’autre jour. Un parti politique que j’ai suivi récemment (ça te donne une idée de sa distance au “centre”) m’a demandé si je pourrais leur faire des portraits.

    Je suis également hors de tout parti et position partisane, et l’idée d’obtenir de l’argent d’un parti me pose problème. Tu dis que tu travaille comme tu l’aurais fait si le mandat venait d’un journal, mais est-ce que ce qui s’applique ici à un reportage peut aussi s’appliquer à du portrait (puisque dans le portrait on ne prend pas ce qu’on voit, mais on le met en forme) et surtout est-ce que tu aurais été prêt à faire la même chose pour n’importe quel parti?

    On devrait dire oui si on ne s’engage pour aucun camp, mais ça pose aussi des problèmes éthiques d’accepter de travailler pour certains partis (moyennant qu’on ne les considère pas comme étant tous issus de la même base).

  2. Antoine dit :

    Bon, ok : si un parti bien à droite m’avait demandé, je n’aurais jamais accepté… ou alors il eût fallu me payer très cher… et encore !

    Plus sérieusement, je suis sensible aux idées d’Europe Écologie ; du coup, ça ne m’a pas choqué. Je ne suis pas un sympathisant de Cap21, mais je respecte suffisamment leurs idées pour ne pas avoir été gêné de les suivre de la sorte.

  3. Bretzelman dit :

    Et ça te dérange pas de dire entre les lignes “malgré le devoir de neutralité intrinsèque à ma profession, ça ne me dérange pas de prendre parti pour certains mouvements politiques, et même d’être payé pour le faire”?

    J’aurais plutôt tendance à considérer que si on veut respecter l’objectivité, on doit faire une séparation entre ses principes moraux et son travail, et donc soit ne travailler avec aucun parti, soit, tel un mercenaire, offrir ses services à tous les partis quelque soit l’idéologie qu’ils défendent, et cela au même prix (sinon on n’est plus neutre).

  4. Antoine dit :

    …où as-tu vu que je prenais partie pour le parti ?

    Du reste, même en tant que journaliste pur & dur, tu peux parfois prendre partie… cf. certains reporter de guerre, le traitement Israel-Palestine, voire tout simplement… les journalistes encartés.

    Il faut juste savoir prendre du recul. Mes photos ne disent pas pour qui voter. Je ne dis pas pour qui voter. Mes photos informent et basta. quant au vieux débat sur l’objectivité…

  5. Bretzelman dit :

    Ben justement, tu lances le débat sur l’objectivité, et il me semble intéressant.

  6. Antoine dit :

    certes. Mais mon propos est simple : l’objectivité n’est pas remise en cause par le fait de bosser pour CAP21, en ce qui me concerne. J’ai réellement bossé comme je l’aurais fait en presse.

  7. yann dit :

    Bon, un point de vue comme un autre. C’est délicat de travailler pour un parti politique une entreprise, mais cela peut aussi servir pour monter des sujets plus tard, je crois. Tout est dans la mesure finalement, si ce sont des one-shot, il n’y a pas trop de problèmes à se poser, c’est sur la durée que la compromission devient évidente… Mais ce genre de questionnement m’arrive souvent. J’ai récemment animé un des débats de Besson sur l’identité nationale… Personne ne voulait y aller, j’y suis allé, avec dans l’idée qu’il fallait tenir le débat dans les limites de la démocratie et de son expression. Qu’ai-je fait ? Suis-je un suppôt du sarkozysme ? suis-je un journaliste concerné qui a mis son savoir au service de la démocratie ? Qui est le plus traitre, moi ou les représentants de la gauche qui sont joué ce soir là, me laissant bien seul, la politique de la chaise vide ? Où est le courage ? :D ça a été une longue soirée difficile, mais au bout de près de deux heures de discussion, nous n’avions pas parlé de Burqa, dans une assemblée de 200 personnes manifestement bien à droite (euphémisme). J’ai joué mon rôle de journaliste. Maintenir la parole dans les canons de la démocratie. Il n’y a pas de règle pour cela, il faut juste faire preuve de bon sens.

  8. -ju dit :

    Je crois que j’aurais fait un peu comme Antoine, dans cette situation donnée. Et que je ne l’aurais sans doute pas fait avec un parti d’extrême droite. Et oui, c’est peut-être contradictoire et j’assume. Plus qu’une objectivité fantasmée, je crois que c’est l’honnêteté qui doit primer.

  9. Corres dit :

    Des adresses :

    http://unepressequotidienne.hautetfort.com/
    ou
    http://corres72.hautetfort.com/

    Des explications :
    échanger,informer,confronter mais également dénoncer les pratiques d’emplois des Entreprises de Presse Quotidienne Régionale qui abusent du statut de CLP pour employer des journalistes dépouillés de tous leurs droits (formations,couverture sociale,droits d’auteurs…).

    FauxCLP/Vrais Journalistes,lecteurs,curieux rejoignez-nous sur les adresses indiquées ci-dessus.

    Pour les professionnels de l’information, l’occasion de faire un sujet jamais abordé concernant de véritables sans droits, jetables dans la seconde,victimes des titres qui profitent de l’aide indirecte,crée par l’état pour aider la presse, du statut de CLP. Victimes à nouveau de ces mêmes s titres qui articulent en toute sérénité le dévoiement de ce statut et bafouent sans crainte, en dépit des jurisprudences,les droits du travail, d’auteurs… de ces exploités inaudibles et invisibles.

    Cordialement CLPQR

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